L’École navale constitue, pour la France, la grande école militaire de la mer. Située dans un cadre exceptionnel de 110 hectares sur la presqu’île de Crozon, bordée par la rade de Brest au Nord et la baie de Douarnenez au Sud, elle est l’institution de formation des officiers de la Marine nationale. Ce véritable creuset de l’excellence maritime forme des officiers de tous horizons, des marins d’État relevant de certaines spécialités, ainsi que des étudiants en master et doctorat. Sous statut d’établissement public sous tutelle du ministère des Armées depuis 2017, elle assure ainsi des missions d’enseignement supérieur et de recherche, forte de son institut de recherches et d’études navales, au profit d’environ 2 .000 élèves par an, soutenus par une équipe dynamique de 400 personnels permanents (militaires, enseignants, enseignants-chercheurs, administratifs et techniques).
SUJET DU STAGE :
Stage de recherche en traitement du signal et Télécom :
" Séparation de sources en guerre électronique (GE) par factorisation matricielle profonde : S2GE-DeepNMF "
Ces activités de recherche supposent l’obtention d’une habilitation du Ministère des armées.
La détection de sources dans un environnement très bruité, comme en guerre électronique (GE), est un défi qui devra être relevé car les signaux à traiter sont de nature non-stationnaire avec des rapports signal sur bruit qui peuvent être très faibles [1]. Par ailleurs, en présence de plusieurs origines simultanées, la séparation des sources et leur discrimination représente un défi méthodologique, en particulier dans le cas monocapteur (cas sous déterminé). Ainsi, nous ne faisons pas d’hypothèses sur l’indépendance statistique des sources, comme par exemple le cas de la méthode ICA (Analyse en Composantes Indépendantes). Des techniques de classification automatique (Machine Learning) seront particulièrement adaptées pour ce travail.
Nous souhaitons explorer dans le projet la séparation de sources dans le domaine Radar, en se limitant à un seul capteur et en non-supervisé en utilisant la factorisation par matrice non négative (NMF) [2]-[3]. Nos récents travaux sur la séparation sources en acoustique sous-marine par NMF, via un seul capteur ont montré la plus-value de cette approche [4]. Nous souhaitons explorer la version récente de la NMF à savoir la factorisation matricielle profonde ou DeepNMF [5]-[6]. Le but est de faire la séparation de sources à plusieurs niveaux de résolution et de mettre en évidence l’apport de cette nouvelle approche dans le domaine GE. Nous avons récemment montré l’intérêt et l’apport de la méthode NMF pour la séparation de sources en acoustique sous-marine, et ce à partir d’un seul capteur [4]. La DeepNMF est basée sur une structure de réseau multi-couche. Elle peut être vue comme une NMF multi-couche. La méthode DeepNMF s'est récemment imposée comme une technique précieuse pour extraire plusieurs couches de caractéristiques à différentes échelles. Elle est capable de produire une classification hiérarchique interprétable pour de nombreux types de données [5]-[6].
Le verrou scientifique et technique à lever dans le cadre de ce projet est celui de la séparation des sources en Radar passive, via un seul capteur, et en non-supervisé. On désigne par source les impulsions d’un même Radar (idéalement le Radar lui même). Les impulsions Radar sont courtes et essentiellement modulées en phase et en fréquence. Les sources sont périodiques et leur nombre est inconnu, mais varie entre 5 et 100.
Contexte :
Dans le domaine Radar, l’entrainement de modèles de détection/classification nécessite des données. L’objectif est de trouver une solution non-supervisée.
Spécificités :
Sources impulsionnelles périodique en majorité
Grande variété de modulations
Anomalies éventuelles (multi-trajets)
Gêneurs COM éventuels
Mono-capteur
Travail à réaliser :
Analyse comparative des méthodes non-supervisées de l’état de l’art de séparation de sources, et application de la DeepNMF sur des données simulées d’impulsions Radar (possibilité de données réelles). La méthode DeepNMF, peut être vue comme une opération de reconnaissance de formes, avec une opération d’extraction des impulsions suivie par une étape de clustering [7].
Mots clés : Traitement du signal, Communications numériques, Séparation de sources, Guerre électronique, Radar, Machine Learning.
Références
[1] G. Revillon, A. Mohammed-Djafari and C. Enderli, Radar emitters classification and clustering with a scale mixture of normal distributions, IET Radar Sonar Navigation, vol. 13, no. 1, pp. 128-138, 2019.
[2] P. Common, Ch. Jutten, Handbook of blind source separation. Elsevier, 2010.
[3] D.D. Lee and H.S. Seung, Learning the parts of objects with non-negative matrix factorization, Nature, vol. 401, pp. 788–791, 1999.
[4] J.N. Lecoulant, A.O. Boudraa and S. Pinson, Non-negative matrix factorization based single-channel source-separation of passive underwater acoustic signals in deep sea, Journal of Acoustical Society of America Express Letters, vol. 5, no. 2, pp. 1-7, 2025.
[5] P. De Handschutter, N. Gillis and X. Siebert, A survey on deep matrix factorizations, Computer Science Review, vol. 42, 2021.
[6] P. De Handschutter, N. Gillis and W. Blekic, Deep Symmetric Matrix Factorization, EUSIPCO, pp. 635-639, 2023.
[7] C.M. Bishop, Pattern recognition and machine learning, Springer Science, 2006.
Ces activités de recherche supposent l’obtention d’une habilitation du Ministère des armées.
Diplôme préparé : Étudiant(e) en Master (M2) ou en école d’ingénieur, spécialisé(e) en traitement du signal, et/ou en Télécom.
Une bonne maîtrise de Python (ou MatLab) et un intérêt pour l’analyse de données expérimentales seront particulièrement appréciés.
Laboratoire de recherche : IRENav (UR3634) à l'École navale
Projet en partenariat avec Thales.
Tuteur du stage et co-encadrants :
(tuteur) M. Abdel BOUDRAA, Professeur des Université à l'École navale
M. Cyrille ENDERLI, Ingénieur de recherche chez Thales
M. Jean LECOULANT, Maitre de conférence à l'École navale
M. Jean-Jacques SZKOLNIK, Ingénieur de recherche à l'École navale
Localisation : Lanvéoc (29), Finistère
Début du stage : à partir de mai 2026
Durée du stage : 4 à 6 mois
Gratification mensuelle dans le cadre d’une convention de stage.
Nous rejoindre, c’est notamment bénéficier des avantages suivants :
- Transport gratuit : desserte maritime depuis la base navale de Brest et car au départ de Daoulas (arrêt à Le Faou, Tal-ar-Groas et Lanvéoc)
- Une restauration sur place aux frais du candidat (avec une participation de l’employeur)
Les candidatures (CV, lettre de motivation, relevés de notes et tout autre document) sont à transmettre avant le 17/04/2026, sous la référence « STG19HP.-DRI/Thales _Traitement du signal» à recrutement@ecole-navale.fr